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Bienvenue dans cette nouvelle édition d’Argent, Pouvoir & Influence.
Au programme aujourd’hui :
🇸🇳 Politique - Bassirou Diomaye Faye commence son mandat
💰 Économie - Les occidentaux ne font plus d’enfants… et ça pose des problèmes économiques majeurs
👁️ Portrait - De Senlis à Matignon : Le parcours politique de Bernard Cazeneuve
📊 Sondage - Les français divisés sur la réforme de l'assurance-chômage
📚 Lecture - “Du pouvoir : Histoire naturelle de sa croissance" de Bertrand de Jouvenel
🇸🇳 Politique - Bassirou Diomaye Faye commence son mandat

Bassirou Diomaye Faye, âgé de 44 ans, a été investi président du Sénégal après une élection cruciale, devenant ainsi le plus jeune dirigeant d'Afrique. Sa victoire survient après une période de troubles politiques et des craintes que le président sortant, Macky Sall, au pouvoir depuis 12 ans, tente de prolonger son mandat pour une troisième fois.
La nation était en suspens pendant des mois, mais l'élection rapide et la victoire écrasante de Faye, un candidat jeune et anti-système qui était en prison juste 20 jours avant l'élection, ont insufflé un nouvel espoir de changement parmi les Sénégalais.
Le jour de l'élection, les électeurs se sont présentés dès l'aube, bien avant l'ouverture des bureaux de vote, dans une atmosphère de détermination à lutter contre “l’establishment”. La décision de reporter le vote, initialement prévu en février, avait été perçue comme une tentative désespérée de Sall de se maintenir au pouvoir.
Cependant, le Conseil constitutionnel a annulé cette décision, ordonnant l'organisation des élections avant la fin du mandat de Sall le 2 avril.
L'arrestation puis la libération de Faye ont marqué un tournant dans la campagne électorale. Ancien inspecteur des impôts, Faye avait été arrêté pour avoir critiqué l'État sur Facebook. Sa libération, juste avant le vote, a ravivé sa campagne présidentielle.
Faye et son mentor, Ousmane Sonko, également un inspecteur des impôts et leader de l'opposition, ont mené une campagne galvanisante, attirant un large soutien, en particulier parmi les jeunes.
La victoire de Faye a été saluée comme un triomphe de la démocratie et un signe de changement. Son ascension, de prisonnier à président en moins de 20 jours, symbolise un moment historique pour le Sénégal. Faye s'est engagé à apporter des changements significatifs, notamment en renégociant les contrats pétroliers et gaziers et en modifiant les relations du Sénégal avec la France.
💰 Économie - Les occidentaux ne font plus d’enfants… et ça pose des problèmes économiques majeurs

Selon un rapport récent publié dans The Lancet, les taux de fécondité en Occident sont en chute libre et cela pourrait entraîner un "changement social stupéfiant", nécessitant potentiellement une ouverture massive des frontières à l'immigration pour maintenir la croissance économique.
Ce rapport a été rédigé par des chercheurs de l'Université de Washington et indique que la fécondité mondiale est en déclin, avec en 2021 plus de la moitié des pays du globe ayant des taux de fécondité en dessous du niveau de remplacement.
Les répercussions de cette tendance sont particulièrement significatives pour les pays d'Europe occidentale, où la baisse de la fécondité pourrait entraîner une chute drastique des naissances dans les décennies à venir. Pour maintenir une population stable, un taux de fécondité total de 2,1 enfants par femme est nécessaire, mais en Europe occidentale, le taux de fécondité devrait chuter de 1,53 en 2021 à 1,44 en 2050, puis à 1,37 en 2100.
Cette baisse des taux de fécondité est attribuée à l'augmentation de la participation des femmes au marché du travail et à un meilleur accès à la contraception. Alors que les économies bénéficient de l'augmentation du nombre de femmes travaillant, les taux de fécondité en souffrent.
Les pays occidentaux, confrontés à une population vieillissante et à une diminution du nombre de jeunes actifs, pourraient rencontrer de sérieux défis économiques dans les années à venir. Le rapport suggère que la seule solution évidente pour ces pays est d'autoriser davantage d'immigration en provenance de pays avec des populations plus jeunes.
👁️ Portrait - De Senlis à Matignon : Le parcours politique de Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve, né le 2 juin 1963 à Senlis, est un homme politique influent de ces dernières décennies. Diplômé de l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Bordeaux, il a débuté sa carrière comme juriste avant de se lancer en politique comme maire d'Octeville en 1995.
Il élargit rapidement son champ d'action en devenant maire de Cherbourg-Octeville suite à la fusion des deux communes. Son engagement local s'étend à la fonction de conseiller général de la Manche de 1994 à 1998, avant de franchir le pas vers la politique nationale en étant élu député de la Manche pour la première fois en 1997.
Son ascension au sein du gouvernement débute en 2012, lorsqu'il est nommé ministre délégué aux Affaires européennes sous la présidence de François Hollande. L'année suivante, il devient ministre délégué au Budget, où il est chargé de trouver d'importantes économies pour le budget de l'État, une mission délicate dans le contexte économique de l'époque.
En avril 2014, Cazeneuve est promu ministre de l'Intérieur, une position qu'il occupe jusqu'en décembre 2016. Durant son mandat, il est confronté à une série d'attentats terroristes sans précédent sur le territoire français, une période durant laquelle il fait preuve d'une gestion de crise remarquée, gagnant le respect et la confiance de ses pairs ainsi que de la population française.
Son ascension culmine fin 2016, lorsqu'il est appelé à succéder à Manuel Valls au poste de Premier ministre. Si son mandat est de courte durée, il n'en reste pas moins intense, marqué par des défis internes comme le mouvement social en Guyane, et la préparation à l'élection présidentielle de 2017.
En 2022, marquant un tournant dans sa carrière, Cazeneuve quitte le Parti socialiste, critiquant l'alliance de ce dernier avec La France insoumise pour les élections législatives. Il fonde ensuite un nouveau mouvement politique, « La Convention », début 2023, signalant ainsi sa volonté de continuer à influencer le débat public en France.
📊 Sondage - Les français divisés sur la réforme de l'assurance-chômage

Un sondage récent réalisé pour Les Echos et l'Institut Montaigne révèle que les Français sont divisés sur la réforme de l'assurance-chômage proposée par le Premier ministre Gabriel Attal, avec seulement 52% d'approbation.
Cette réforme, perçue comme un moyen de réduire le déficit public, ne convainc pas pleinement les français. En effet, 61% des sondés doutent de son efficacité pour diminuer le déficit, et seulement 51% croient qu'elle facilitera le retour à l'emploi.
La crédibilité du gouvernement sur la gestion des finances publiques est également en question, avec 82% des Français sceptiques quant à la promesse de réduire le déficit sous les 3% du PIB d'ici 2027. Le sondage montre une préférence marquée pour la taxation des superprofits (84%) et l'augmentation des impôts pour les plus riches (76%) comme solutions pour réduire le déficit, même parmi l'électorat macroniste.
L'idée d'augmenter le nombre de jours de carence pour lutter contre la hausse des arrêts maladie est très impopulaire (75% d'opposition), tout comme la désindexation des retraites, qui rencontre 90% d'opposition.
📚 Lecture - “Du pouvoir : Histoire naturelle de sa croissance" de Bertrand de Jouvenel

"Du pouvoir : Histoire naturelle de sa croissance" de Bertrand de Jouvenel, publié en 1945, est une œuvre de philosophie politique qui explore l'évolution et la dynamique du pouvoir à travers l'Histoire. Jouvenel, un penseur français, s'intéresse particulièrement à la manière dont le pouvoir s'accroît, se consolide et affecte les sociétés.
L'ouvrage commence par examiner les origines du pouvoir politique et son développement initial au sein des communautés humaines. Jouvenel analyse ensuite comment, à travers les âges, le pouvoir a tendance à s'étendre et à centraliser, souvent au détriment de la liberté individuelle.
Il étudie l'évolution des structures étatiques et gouvernementales, en mettant l'accent sur la croissance de l'État moderne et son rôle de plus en plus intrusif dans la vie des individus.
Jouvenel argumente que le pouvoir est intrinsèquement lié à la nature humaine et à la société, mais il met en garde contre les dangers d'un pouvoir centralisé non contrôlé. Il aborde des questions telles que la légitimité du pouvoir, le rôle de la loi, et les relations entre les dirigeants et les dirigés.
"Du pouvoir" est considéré comme un classique de la philosophie politique, pertinent pour comprendre les enjeux contemporains liés à l'autorité, la gouvernance et la liberté.
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